En Bretagne, on a pas de désert, mais on a le Kreizh-Breizh. Qu'est-ce que
c'est que cette histoire encore ? J'entends encore Johan Jaccob (le chanteur de
Glowsun) nous charrier. L'identité Bretonne, si elle est des fois surjouée, est
malgré tout toujours sincère. Kreizh-Breizh, pour ceux qui savent pas, ça veut
dire Centre-Bretagne. En août dernier, Stonebirds et Stangala enregistraient 10
titres de stoner/doom à Guéméné Sur Scorff, capitale Bretonne de l'andouille.
On ne rigole pas avec ces choses-là! Il aura fallu pas moins de 10 bouteilles
de whisky et une quantité proportionnelle de bière pour arriver au bout de
cette session d'enregistrement et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on ne
s'attendait pas qu'elle nous mène sur une tournée commune quelques semaines
avant le début de l'été !
Les premières notes de la tournée résonnent au Galion à Lorient avec le
« Doom Rock Glazik » de Stangala. Stangala, c'est le délire, y'a des binious, des claviers dignes du
plus kitch des films de zombie, du saxophone et d'autres trucs un peu
"bizarres" (qu'ils disent, des fois). Ce concert est le premier du groupe avec des samples et,
n'ayant pas pu pratiquer les morceaux suffisamment (il fallait qu'un de nous
habite en Allemagne...!), le set de ce soir est un peu fragile. Stangala, c'est
Steven et Tom, mais pour la tournée, Sylvain et Fañch de Stonebirds se relaient
à la basse. Appalooza nous rejoignent pour le concert (une pensée pour les Burtul qui n'ont
finalement pas pu participer à la soirée!) pour un set bien cool, entre Alice
In Chains, QOTSA et Nirvana. Stonebirds clôt la soirée avec le nouveau batteur
du groupe, Antoine. Tom fait en fait le service "batterie" jusqu'à la fin de
la tournée et clôt 6 mois de relations intenses avec Fañch et Sylvain (les
détails et les anecdotes nébuleuses ne seront relayées que bien plus tard par
les journaux à sensation).
Fañch s'est occupé du booking de la tournée, et c'est à lui qu'on doit le succès de la date du lendemain à la ferme de Gwernandour. Le son est énorme, la salle pleine (400 personnes) et les gens accueillent chaleureusement nos concerts ! Au moment où j'écris, il reste encore un concert avant la fin de la tournée, mais celui de Brasparts avec les furieux des Ramoneurs de Menhirs, menés par l'ancient leader des Béruriers Noirs, restera sans doute un des meilleurs moments de la tournée.
Le lendemain, direction Bressuire pour une soirée typiquement doom avec les
potes de Bottle Doom Lazy Band, Children of Doom et Northwinds, organisée par
l'asso Anthems of Steel. Les backstages débordent de fumée, les patchs Saint Vitus sont de
sortie... Tout semble se présenter sous le meilleur des auspices. Les
concerts défilent devant un public de passionné (salut à Stef de Temple Of
Perdition!) et les retours sont positifs, même pour Stonebirds qui diffère un
peu du style de la soirée. Un petit tour par le château de Bressuire et sa non
moins célèbre Coulée Verte (!) et nous revenons sur nos pas pour trois jours de
pause bien mérités.
Ben oué, c'est pas facile d'organiser une tournée et de trouver des dates tous
les jours! Après deux journées à ronfler et à digérer la fatigue, on repart
pour rennes au Sympathic Bar. On y rejoint Maryline, de l'asso Bloodrites. Elle
organise la soirée et nous accompagne pour le reste de la tournée! On s'attendait
pas à voir grand monde mais l'étage du bar est finalement bien rempli et on
repart bien content de la soirée! Jusqu'à maintenant, les cds partent bien, les
cachets sont assez généreux et on s'en sort plutôt bien. On roule à présent en camping-car et on part pour la deuxième partie de la
tournée.
Le lendemain, (le 30 mai), on arrive à Paris au Titan's Club. Quel foutoir pour
se garer dans St-Michel ! A notre arrivée, c’est un accueil de type
mi-figue mi-raisin qui nous attend. Les Bigelow Bighorns sont très cools mais l’ambiance
du bar, lounge/fashion/ipad est déjà moins engageante. L’organisateur de la
soirée arrive à la bourre avec le matos pour sonoriser le concert et Stangala ouvre le bal à
22h… Tard pour un concert à Paris ! Les Bigelow Bighorn nous talonnent et
délivrent une super concert de stoner (quel son de gratte !)! Le
concert de Stonebirds démarre après minuit, le patron vient baisser le son
parce que ça joue soi-disant trop fort… Bref, le Titan’s Club, c’est pas la
folie, loin de là. On file à l’after vers 1h et quand on
décide d’aller se coucher dans le camping-car, on réalise avec horreur qu’il s’est
fait cambrioler. Bordel !! Une partie de la thune a disparue ainsi qu’une
tête d’ampli et une caméra HD, des médocs, des fringues etc. Et ces médocs,
puisqu’ils étaient importants, il a fallu aller faire la queue à l’hôpital en
pleine nuit et attendre l’ouverture des pharmacies (8h du mat) pour les
obtenir. Et tout ça sans dormir ! Au réveil, une contravention pour
stationnement interdit nous attend. On esquisse un sourire. Mais puisqu’il reste la plus grande
partie de la thune, on décide de ne pas se laisser abattre et de continuer.
Prions juste pour que l’assurance marche !
Après avoir passé la matinée à chercher sans succès un commissariat apte à recevoir
notre dépôt de plainte, on décolle pour Lille. On arrive en avance et on est
accueilli à l’Art Gressif par l’équipe de Riff Eater. Très bonne ambiance dans
le bar (les patrons sont apparemment très fans de death metal ; ça
réveille !), l’avant concert commence bien ! MAIS puisqu’il fallait
déposer notre plainte au plus tôt, Sylvain et Fañch, comme si la nuit n’avait
pas été assez difficile, vont se
taper quasiment trois heures d’attente au commissariat central de Lille. Ils
arrivent à 21h40, 5 minutes avant le concert de Stangala et 10 minutes après le
concert d’Ash & the Cryptoguys, les locaux psychédéliques de la soirée. Les
patrons, bien décidés à nous remonter le moral, nous rincent littéralement la
gueule tout au long de la soirée et c’est avec hargne et enthousiasme qu’on
sort deux des meilleurs sets de la tournée !
Avec encore 1 gramme dans chaque poche, on prend la route le lendemain pour Calais. Bien évidemment, on arrive à la bourre et on loupe le ferry de 12h. Pas grave, ça a permis de prendre une douche et de causer avec les gars de la sécu du port. Des types super sympas, comme la plupart des flics qu’on a croisés dans le nord. Incroyable ! Une fois sur le ferry de 15h, on se retient de vomir le temps de s’habituer aux remous et c’est parti pour l’Angleterre.
Après une heure passée sur la route, on se rend compte que c’est finalement pas
si impossible que ça de conduire à gauche. On n’est jamais à l’abri d’une
petite frayeur au début mais on se fait vite au style décidément toujours un
peu marginal des Britishs (pourquoi donc la pièce de 20 pence est plus petite
que celle de 10 ?! Dammit). Après notre premier plein, on remarque des
fuites d’essence sous le camion. Oh joie ! On roule quelques miles et le
problème disparaît. Le moteur n’a pas peut-être pas la même descente que nous
après tout ! La flemme d’aller jusqu’à Birmingham, on prend une sortie d’autoroute au pif et
on atterri au pub The Red Lion à
Wendlebury, pas loin d’Oxford. Dans le genre bled minuscule, je crois que j’ai
pas vu pire dans le pays bigouden ! Les gens sont très cools avec nous, le
patron parle un écossais dru de chez dru qu’on peine souvent à comprendre et,
en échange de quelques crêpes complètes faites maison, il nous paye volontiers
des pintes de Doom Bar. Puisqu’on se fait tous étaler au billard, on part se
coucher dans le camping-car, sur le parking du bar.
On trouve facilement le chemin de la prochaine salle grâce aux informations
récupérés la veille sur internet. Heureusement, c’est dimanche, y’a pas grand
monde dans les rues et on circule facilement dans la ville. Un détail vient
rompre l’apparente tranquillité de la ville. Les flics roulent en effet à 100 à
l’heure en pleine ville, doublent dans tous les sens… Vraiment surprenant ! Le Roadhouse ouvre à 13h et on découvre la dernière salle de la tournée. Pour
ceux qui ont envie d’organiser des trucs à l’étranger, foncez sur cette salle,
c’est du lourd ! On ne fera malheureusement pas beaucoup d’entrées ce
soir-là, mais la soirée, typiquement stoner/doom (merci à Shebrew et Baron
Greenback pour leur superbes prestations !) semble réjouir l'audience. On aurait aimé rester causer
avec les groupes et les gars du public mais il est 22h et il est déjà temps de
filer.
Rien de spécial sur le retour, mis à part des bornes, la Manche, des adieux
déchirants avec Steven qui reprend le train pour l’Allemagne, des bornes et
quelques légers signes de fatigue du camping-car aux abords de Rennes. Nous le
rendons le lendemain, remercions la compréhension de nos locataires qui nous
encouragent dans nos démarches pour le remboursement de nos objets volés auprès
de l’assurance. Si cet épisode Parisien laisse une tâche assez sale sur le bilan de la tournée,
on s’est quand même bien marrés, on a fait des bons concerts, rencontré plein
de gens et de nouveaux endroits cools. Mais surtout, on a tenu le coup ensemble
et on est allés jusqu’au bout de ce Kreizh-Breizh Tour qui restera une
expérience très positive pour nous tous !
(par Thomas Coïc, Juin 2013)
http://kbsessions.bandcamp.com/
http://stonebirdsarestone.bandcamp.com/
http://stangala.bandcamp.com/
Un grand merci à tous ceux qui ont rendu cette tournée possible !






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