dimanche 9 juin 2013

Compte-rendu de la tournée StoneBirds/Stangala



En Bretagne, on a pas de désert, mais on a le Kreizh-Breizh. Qu'est-ce que c'est que cette histoire encore ? J'entends encore Johan Jaccob (le chanteur de Glowsun) nous charrier. L'identité Bretonne, si elle est des fois surjouée, est malgré tout toujours sincère. Kreizh-Breizh, pour ceux qui savent pas, ça veut dire Centre-Bretagne. En août dernier, Stonebirds et Stangala enregistraient 10 titres de stoner/doom à Guéméné Sur Scorff, capitale Bretonne de l'andouille. On ne rigole pas avec ces choses-là! Il aura fallu pas moins de 10 bouteilles de whisky et une quantité proportionnelle de bière pour arriver au bout de cette session d'enregistrement et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on ne s'attendait pas qu'elle nous mène sur une tournée commune quelques semaines avant le début de l'été !

Les premières notes de la tournée résonnent au Galion à Lorient avec le « Doom Rock Glazik » de Stangala. Stangala, c'est le délire,  y'a des binious, des claviers dignes du plus kitch des films de zombie, du saxophone et d'autres trucs un peu "bizarres" (qu'ils disent, des fois).  Ce concert est le premier du groupe avec des samples et, n'ayant pas pu pratiquer les morceaux suffisamment (il fallait qu'un de nous habite en Allemagne...!), le set de ce soir est un peu fragile. Stangala, c'est Steven et Tom, mais pour la tournée, Sylvain et Fañch de Stonebirds se relaient à la basse. Appalooza nous rejoignent pour le concert (une pensée pour les Burtul qui n'ont finalement pas pu participer à la soirée!) pour un set bien cool, entre Alice In Chains, QOTSA et Nirvana. Stonebirds clôt la soirée avec le nouveau batteur du groupe, Antoine. Tom fait en fait le service "batterie" jusqu'à la fin de la tournée et clôt 6 mois de relations intenses avec Fañch et Sylvain (les détails et les anecdotes nébuleuses ne seront relayées que bien plus tard par les journaux à sensation).

(Photos Lorient par Jean-Michel Baudry : lien 1, lien 2)

Fañch s'est occupé du booking de la tournée, et c'est à lui qu'on doit le succès de la date du lendemain à la ferme de Gwernandour. Le son est énorme, la salle pleine (400 personnes) et  les gens accueillent  chaleureusement nos concerts ! Au moment où j'écris, il reste encore un concert avant la fin de la tournée, mais celui de Brasparts avec les furieux des Ramoneurs de Menhirs, menés par l'ancient leader des Béruriers Noirs, restera sans doute un des meilleurs moments de la tournée.



(Photos ci-dessus par Bruno Hascoët)
(Plus de photos par Pierbay)

Le lendemain, direction Bressuire pour une soirée typiquement doom avec les potes de Bottle Doom Lazy Band, Children of Doom et Northwinds, organisée par l'asso Anthems of Steel. Les backstages débordent de fumée,  les patchs Saint Vitus sont de sortie... Tout semble se présenter sous le meilleur des auspices. Les concerts défilent devant un public de passionné (salut à Stef de Temple Of Perdition!) et les retours sont positifs, même pour Stonebirds qui diffère un peu du style de la soirée. Un petit tour par le château de Bressuire et sa non moins célèbre Coulée Verte (!) et nous revenons sur nos pas pour trois jours de pause bien mérités.


Ben oué, c'est pas facile d'organiser une tournée et de trouver des dates tous les jours! Après deux journées à ronfler et à digérer la fatigue, on repart pour rennes au Sympathic Bar. On y rejoint Maryline, de l'asso Bloodrites. Elle organise la soirée et nous accompagne pour le reste de la tournée! On s'attendait pas à voir grand monde mais l'étage du bar est finalement bien rempli et on repart bien content de la soirée! Jusqu'à maintenant, les cds partent bien, les cachets sont assez généreux et on s'en sort plutôt bien. On roule à présent en camping-car et on part pour la deuxième partie de la tournée.



Le lendemain, (le 30 mai), on arrive à Paris au Titan's Club. Quel foutoir pour se garer dans St-Michel ! A notre arrivée, c’est un accueil de type mi-figue mi-raisin qui nous attend. Les Bigelow Bighorns sont très cools mais l’ambiance du bar, lounge/fashion/ipad est déjà moins engageante. L’organisateur de la soirée arrive à la bourre avec le matos pour sonoriser le concert et Stangala ouvre le bal à 22h… Tard pour un concert à Paris ! Les Bigelow Bighorn nous talonnent et délivrent une super concert de stoner  (quel son de gratte !)! Le concert de Stonebirds démarre après minuit, le patron vient baisser le son parce que ça joue soi-disant trop fort… Bref, le Titan’s Club, c’est pas la folie, loin de là. On file à l’after vers 1h et quand on décide d’aller se coucher dans le camping-car, on réalise avec horreur qu’il s’est fait cambrioler. Bordel !! Une partie de la thune a disparue ainsi qu’une tête d’ampli et une caméra HD, des médocs, des fringues etc. Et ces médocs, puisqu’ils étaient importants, il a fallu aller faire la queue à l’hôpital en pleine nuit et attendre l’ouverture des pharmacies (8h du mat) pour les obtenir. Et tout ça sans dormir ! Au réveil, une contravention pour stationnement interdit nous attend. On esquisse un sourire.  Mais puisqu’il reste la plus grande partie de la thune, on décide de ne pas se laisser abattre et de continuer. Prions juste pour que l’assurance marche !



Après avoir passé la matinée à chercher sans succès un commissariat apte à recevoir notre dépôt de plainte, on décolle pour Lille. On arrive en avance et on est accueilli à l’Art Gressif par l’équipe de Riff Eater. Très bonne ambiance dans le bar (les patrons sont apparemment très fans de death metal ; ça réveille !), l’avant concert commence bien ! MAIS puisqu’il fallait déposer notre plainte au plus tôt, Sylvain et Fañch, comme si la nuit n’avait pas été assez difficile,  vont se taper quasiment trois heures d’attente au commissariat central de Lille. Ils arrivent à 21h40, 5 minutes avant le concert de Stangala et 10 minutes après le concert d’Ash & the Cryptoguys, les locaux psychédéliques de la soirée. Les patrons, bien décidés à nous remonter le moral, nous rincent littéralement la gueule tout au long de la soirée et c’est avec hargne et enthousiasme qu’on sort deux des meilleurs sets de la tournée !


(Chronique et photos de la soirée par Doug)

Avec encore 1 gramme dans chaque poche, on prend la route le lendemain pour Calais. Bien évidemment, on arrive à la bourre et on loupe le ferry de 12h. Pas grave, ça a permis de prendre une douche et de causer avec les gars de la sécu du port. Des types super sympas, comme la plupart des flics qu’on a croisés dans le nord. Incroyable ! Une fois sur le ferry de 15h, on se retient de vomir le temps de s’habituer aux remous et c’est parti pour l’Angleterre.


Après une heure passée sur la route, on se rend compte que c’est finalement pas si impossible que ça de conduire à gauche. On n’est jamais à l’abri d’une petite frayeur au début mais on se fait vite au style décidément toujours un peu marginal des Britishs (pourquoi donc la pièce de 20 pence est plus petite que celle de 10 ?! Dammit). Après notre premier plein, on remarque des fuites d’essence sous le camion. Oh joie ! On roule quelques miles et le problème disparaît. Le moteur n’a pas peut-être pas la même descente que nous après tout ! La flemme d’aller jusqu’à Birmingham, on prend une sortie d’autoroute au pif et on  atterri au pub The Red Lion à Wendlebury, pas loin d’Oxford. Dans le genre bled minuscule, je crois que j’ai pas vu pire dans le pays bigouden ! Les gens sont très cools avec nous, le patron parle un écossais dru de chez dru qu’on peine souvent à comprendre et, en échange de quelques crêpes complètes faites maison, il nous paye volontiers des pintes de Doom Bar. Puisqu’on se fait tous étaler au billard, on part se coucher dans le camping-car, sur le parking du bar.


On trouve facilement le chemin de la prochaine salle grâce aux informations récupérés la veille sur internet. Heureusement, c’est dimanche, y’a pas grand monde dans les rues et on circule facilement dans la ville. Un détail vient rompre l’apparente tranquillité de la ville. Les flics roulent en effet à 100 à l’heure en pleine ville, doublent dans tous les sens… Vraiment surprenant ! Le Roadhouse ouvre à 13h et on découvre la dernière salle de la tournée. Pour ceux qui ont envie d’organiser des trucs à l’étranger, foncez sur cette salle, c’est du lourd ! On ne fera malheureusement pas beaucoup d’entrées ce soir-là, mais la soirée, typiquement stoner/doom (merci à Shebrew et Baron Greenback pour leur superbes prestations !) semble réjouir l'audience. On aurait aimé rester causer avec les groupes et les gars du public mais il est 22h et il est déjà temps de filer.




Rien de spécial sur le retour, mis à part des bornes, la Manche, des adieux déchirants avec Steven qui reprend le train pour l’Allemagne, des bornes et quelques légers signes de fatigue du camping-car aux abords de Rennes. Nous le rendons le lendemain, remercions la compréhension de nos locataires qui nous encouragent dans nos démarches pour le remboursement de nos objets volés auprès de l’assurance. Si cet épisode Parisien laisse une tâche assez sale sur le bilan de la tournée, on s’est quand même bien marrés, on a fait des bons concerts, rencontré plein de gens et de nouveaux endroits cools. Mais surtout, on a tenu le coup ensemble et on est allés jusqu’au bout de ce Kreizh-Breizh Tour qui restera une expérience très positive pour nous tous !

Kenavo et à bientôt dans la grande soupe fumante des musiques de sourds !


(par Thomas Coïc, Juin 2013)

http://kbsessions.bandcamp.com/
http://stonebirdsarestone.bandcamp.com/
http://stangala.bandcamp.com/

Un grand merci à tous ceux qui ont rendu cette tournée possible !

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